L’alcool au Japon, poison magique d’hier et d’aujourd’hui              日本におけるお酒の昨今、毒?魔法?

Eh bien voilà, l’aspect très japonais consistant à se laisser aller à l’ivresse (et se maudire les lendemains) n’est pas quelque chose de récent comme l’on s’en doute… Voici quelques détails qui pourraient être utiles à comprendre la relation entre l’alcool et les japonais.

Sorte de breuvage sensé atténuer les effets de la gueule de bois. Super chimique à souhait et absolument dégeu, il serait à base de curcuma (ukon en japonais). Autant avaler du curcuma frais...

Sorte de breuvage sensé atténuer les effets de la gueule de bois. Super chimique à souhait et absolument dégeu, il serait à base de curcuma (ukon en japonais). Autant avaler du curcuma frais…

Quelques chiffres:

Durant la fin de l’ère Edo, on pouvait estimer la quantité d’alcool consommé à 20 litres par année et par habitant, se basant sur 700 000 000 litres pour une population approximative de 35 000 000 d’habitants. Pour l’année 2011, nous arrivons à l’incroyable chiffre de 59 litres par habitants. 7 524 000 000 de litres pour 127 817 277 habitants (toutes générations confondues).

Mais cependant dans les chiffres de 2011, il faut savoir que ce que l’on appelle alcool compte aussi la bière, les boisons légèrement alcoolisées comme les chuu hai (sorte de sodas alcoolisés). Et ce qui peut expliquer un chiffre si élevé c’est que les japonais sont de grands consommateurs de bière; sur les 7,5 millions et quelques litres cités en haut,  plus de 5,4 millions litres sont de la bière!

Boire de l’alcool peut se ressentir comme une obligation dans le cadre de sorties de travail, ou une pression sociale dans un cadre plus privé. Comme l’alcool est synonyme de décompression et d’amusement, difficile de passer outre « si l’on souhaite s’amuser ». La boisson permet de désinhiber les caractères réservés de nature des individus japonais.

 

Extrait de « autour du glode, le Japon » d’Isidore Eggermont

« En guise de préambule, on apporte, dans de fluets carafons de porcelaine, l’eau-de-vie nationale, et on en emplit aussitôt des tasses minuscules qui semblent faire partie de quelque ménage de poupée, et non du matériel d’un restaurant. Avant d’aller plus loin, disons ce qu’est la liqueur servie à si petite dose et appelée saké dans le langage du pays.

Le saké est une sorte de genièvre obtenue par la fermentation du riz. Servi chaud d’habitude, il constitue la principale, sinon la seule boisson alcoolique en usage au Japon. Tandis que les hommes, préférant le raide au fadasse, ne songent guère à mettre le breuvage en bouteille, et le consomment généralement à l’état brut, c’est à dire à peine sorti de l’alambic, les femmes paraissent n’affectionner que le mirin, ou sake doux.Le sucre dont ce dernier est pourvu avec abondance lui permet, en effet, de tourner à la liqueur en prenant de l’âge, ce qui est plus apprécié des palais délicats.

L’origine du saké se perd dans la nuit des temps. De vénérables chroniques en constatent l’usage, conne déjà fort répandu, il y a vingts-six siècles au moins. Ce témoignage  serait plus que suffisant pour constituer un titre à la noblesse, n’était l’empressement trop accusé dont il est l’objet de la part des populations.Autrefois chaque familles en connaissait la préparation et subvenait elle-même aux besoins de toute l’année. Et cependant, une telle fabrication ne réclame pas moins de quarante-cinq jours et doit passer par toute une série d’opérations des plus compliquées. Ce n’est que depuis trois cents ans environ que l’industrie en a pris le monopole. Aujourd’hui, des distilleries fonctionnent sur tous les points de l’empire et réalisent de gros bénéfices. D’après des données officielles, la consommation du saké se monte, bon an mal an, à sept million d’hectolitres, ce qui, à la raison de trente cinq millions d’habitants, donne la moyenne effrayante de vingts litres de boissons alcoolique par tête. Plus d’un septième du riz produit par le Nippon tout entier est employé à cette pernicieuse fabrication. La surélévation des taxes seule pourrait peut-être obvier au mal qui va toujours croissant. L’hygiène publique et la caisse impériale, obérée par tant de dépenses nécessaires, y trouveraient leur compte. Mais il n’est pas sûr que les japonais, facilement résignés à la majoration des impôts, ne tenteraient  pas de se soulever en présence d’une mesure aussi radicale. On se passerait plutôt de nourriture que de saké. Comme naguère les bourgeois de Munich, Levant l’étendard de la révolte contre les brasseurs qui voulaient hausser le prix de la bière, les indigènes seraient capables de mettre les villes à feu et à sang si l’on s’avisait d’entraver la fabrication et la vente de ce poison. »

En conclusion, le fait que les publicités pour l’alcool au Japon sont omniprésentes à la télévision ou dans la rue avec en plus comme icônes des sportifs nationaux, montre que ce sujet est encore intouchable en matière de prévention. Une fois la majorité passée (20 ans) il est de sa responsabilité d’être raisonnable ou pas! Hors, chaque année, sous l’influence des « sempai » (les personnes situées au dessus dans la hiérarchie estudiantine ou professionnelle) des jeunes meurent lors de beuveries censées fêter leur exploits d’entrée dans le monde du travail ou la réussite d’examens.

Le célèbre joueur de baseball japonais Ichiro  pour Kirin.

Le célèbre joueur de baseball japonais Ichiro pour Kirin.

 

Publicité à la télé Pour Sapporo avec Hiromi Nagasaku, actrice et ex chanteuse japonaise.

Publicité à la télé pour Sapporo avec Takeuchi Yuko, actrice japonaise.

 

Pour le mot de la fin, soyez raisonnable =) ! Je profite d’annoncer autour de moi qu’en ce moment j’ai arrêté toutes formes d’alcool.

J’ai trouvé d’autres moyens de faire tomber mes barrières et de devenir ivre! hahaha! <8-P

 

Bibliographie: AUTOUR du GLOBE Japon I.Eggermont, Euromonitor 2012.

 

 

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